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 Paranoïd Dreams { Dorian.

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MessageSujet: Paranoïd Dreams { Dorian.   Jeu 12 Fév - 1:01

PARANOÏD DREAMS



    L'eau coule lentement, caresse ma peau et chatouille mes doigts dans un ballet incessant. Je ne sais même plus depuis combien de temps je suis sous la douche. Je m'y suis précipitée dès que Thomas s'en est allé. Il m'ennuie. Son amour infatiguable me donne envie de vomir. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été comme cela. Je hais les gens que je devrais aimer, et j'adore ceux que je devrais détester. C'est comme une obsession masochiste. Je me jette corps et âme dans un malheur qui ne semble pas avoir de fin. Je vivrais dans la souffrance jusqu'à la mort. C'est à cette tendance que l'on distingue les belles femmes des autres. Je parle de la vrai beauté. La beauté d'une pucelle maladroite, la beauté d'une actrice à la retraite, la beauté d'une femme au foyer délaissée... La beauté d'un adultère dont la principale victime serait nôtre instinct. Je crois que c'est ce qui nous caractérise, nous, humains : ce besoin malsain de s'autodétruire, pour que l'on courre à nôtre secours, et cracher ensuite au visage de celui qui nous tend la main. Il m'est finalement apparu inutile d'en chercher les raisons. Les hommes ne sont pas fait pour être compris.


    Dorian doit passer dans la matinée, vérifier ma jambe. « Vérifier ma jambe ». C'est si bête comme expression. C'est étrange et surtout involontaire mais, chaque fois que je parle de moi, que ce soit en public ou non, je m'assimile à un objet. Une vulgaire poupée. J'ai aussi cet incessant besoin de soumission. Sans doute est-ce parce-que je suis supérieure à tout le monde. Lorsque j'étais enfant, à mes quinze ans pour être précise, j'étudiais dans un institut catholique pour fille dans le Massachusetts. Ils m'ont fait passer un test de Q.I. J'ai battu le plus ancien record de l'école. Les enseignants ont crut à une tricherie et j'ai repassé le est. J'ai obtenu un score encore plus élevé. Obstinés dans leur idée de me faire passer pour une escroc, ils m'ont fait passer le test une troisième fois. Cette fois-ci, j'ai bousillé la machine. Mon score était trop bas, mes réponses incohérentes. Ils leur a fallu une semaine avant de s'apercevoir que j'avais grisé les cases de sorte à faire apparaître « Fuck You » de manière répétée, frénétique. J'ai beaucoup ris, le technicien informatique un peu moins. Enfin, tout ça pour souligner l'hypothèse que ma constante avance sur le reste du monde s'est finalement traduite par un besoin d'être rabaissée plus bas que terre. Les médias ont eu beau s'en charger tant et plus, je continue de chercher à compenser. C'est fatiguant, très fatiguant....

    Bref, Dorian passera dans quelques minutes, inspectera minutieusement ma gambette soi-disant fracturée, longera ma cuisse du bout des doigts, glissera sa main sous ma jupe et me fera l'amour. Il ne le fait pas comme les autres, il le fait avec délicatesse. Nous le faisons avec délicatesse. C'est incroyable. Nous le faisons comme le feraient deux amoureux. C'est malsain mais bizarrement, nous nous y retrouvons. Nous ne ressentons aucun amour l'un pour l'autre. C'est différent. Je crois que mon air de pauvre petite fille égarée l'attire, le stimule. Je l'aime bien.

    Secrètement, j'espère que Thomas nous surprendra. Je veux le voir souffrir, comme le misérable petit crétin qu'il est. Voir cet amour mièvre qu'il ressent pour moi éclater et de ses cendres naître une haine et une rancœur sans limites. Je veux voir ses mains veinés étrangler mon cou de petite fille. Je veux qu'il me tue, et je veux qu'il en meure. Ces envies de psychopathes, tant est que ce soit pathologique, remontent à très longtemps. Depuis mon adolescence aussi en fait. Mais je ne m'aventurerais pas sur ce sentier là, les souvenirs sont parfois plus douloureux que les peines de cœur.

    J'ai finalement cessé de me repaître de la chaleur timide de ma douche. Ou plutôt de mon Jaccuzi/baignoire/douche/. Chez les Hopkins on ne fait pas les choses à moitié et mon père a loué la suite de luxe pour ma personne. Comme c'est pathétique. Il ne m'inspire plus qu'un dégoût obstiné, ce vieux pervers. Il m'a toujours aimé, un peu trop. Je le voyais déjà m'observer par la serrure, lorsque je prenais un bain. Cela me gênais, au début. Mais en grandissant, je m'en suis amusée, comme du reste. J'ai commencé à baisser ma jupe plus lentement, à faire rouler l'élastique de ma culotte enfantine entre mes doigts aguicheurs, le faire claquer contre ma hanche, m'accroupir sensuellement, pas trop, mais assez pour qu'il puisse admirer la chute de mon dernier sous-vêtement. Et je me trempais petit à petit dans l'eau, c'était graduellement que je m'immergeais. Il pouvait voir mon visage passer de la surprise du froid au soulagement du chaud. Il s'en délectait. Ce n'est que lorsque je le devinais partit que je pleurais. Je sanglotais silencieusement, sans bruit, avec discrétion. Comme une Hopkins.


    Bon, ça y est, vous savez tout de mon enfance ou presque. Une relation fusionnelle avec un père absent qui me désirais comme sa défunte femme, un cerveau comparable à celui d'Einstein, des pulsions morbides et un don incontestable pour me faire haïr et aimer des mauvaises personnes. Si on ajoute à cela la fortune familiale dont je suis (ou serais sous peu.) la digne héritière, on peut aisément comprendre pourquoi je suis dans cet état là. Je crois que le fait que je sois une petite conne y est pour quelque chose aussi...


    La porte vient de sonner. Je suis toujours nue, et je viens de m'en rendre compte. Réunissant toute ma grâce et ma candeur, je gambade, guillerette, jusqu'à mon armoire, que j'ouvre avec délicatesse. Je passe une culotte blanche à pois rouge, bordée de dentelle et le soutien-gorge ultra-sexy qui va avec. Un dernier coup d'œil au miroir pour vérifier que mes cheveux blonds or ne sont pas trop en bataille... Ils le sont. Tant pis, ça ajoute un côté « sauvage » absolument charmant. Ma bouche et son pourtour sont gentiment rougis. C'est dût au fait que je me sois démaquillée il y a cinq minutes, ne subsiste que le col noir autour de mes yeux. Je plonge mon regard dans le mien, et mon reflet me fixe, à tel point que je ne sais plus qui est de quel côté du miroir. Ma vie est un désastre. Un véritable désastre. Je n'arrive pas à croire que je désire réellement souffrir. J'aurais vraiment aimé être banale, ordinaire, de classe moyenne, épouser un homme banal, ordinaire, de classe moyenne, et avoir des enfants banals, ordinaires, de classe moyenne. J'aurais désiré alors le monde des stars, mais moins ardemment que je ne désire actuellement le bonheur. Ma silhouette parfaite et au teint pourtant cadavérique semble se refuser à murmurer un « tant pis ». J'y crois encore. Comme je suis bête.
    Je parviens finalement à m'extirper de mes songes et me dirige vers la porte, que j'ouvre doucement, révélant peu à peu la carrure imposante de Dorian. Je lui adresse un sourire chaleureux qui masque à peine ma détresse. Je suis trop fatiguée pour jouer à être une autre.
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MessageSujet: Re: Paranoïd Dreams { Dorian.   Ven 13 Fév - 6:03

    Une vive lumière aveuglait temporairement le dieu, puis s’éteignait. Puis ça recommençait, encore et encore. Ses pupilles tressaillaient, mais tenaient bon, espérant que le supplice qu’elles devaient endurer tire bientôt à la fin. Dorian était installé sur un tabouret minuscule, au milieu de ce qu’on pourrait appeler une forêt, ou ce qui ressemblait à une forêt. Seulement quelques arbres chétifs apparaissaient ici et là tout autour, s’accordant parfaitement avec le regard mystérieux du dieu grec qui contemplait fixement l’objectif, attendant les instructions de sa « patronne ». Se laissant guider par la voix de la jeune femme, Apollon exécutait les positions demandées sans effort, à croire qu’il avait ça dans le sang. Quoi que si la photographe savait que celui qui lui servait de modèle était la divinité de la beauté en personne, tout prendrait son sens. La manière dont Dorian bougeait, ses fins cheveux ondulant au gré du vent, ses vêtements qu’il portait comme nul autre… tout en lui respirait plus que la simple existence humaine. Le simple fait d’apercevoir ses dents plus blanches que nature, ou de plonger les yeux dans les siens rendaient des femmes complètement dingues. Et Apollon utilisait cette technique de séduction avec grand bonheur, afin d’assouvir ses instincts et surtout, pouvoir encore une fois prendre plaisir à user de sa supériorité. Peu d’humaines lui résistaient… en fait, aucune humaine ne l’avait encore repoussé à ce jour. Ce n’était donc pas surprenant que la majorité des demi-dieux étaient ses enfants. Et tous étaient d’une beauté à couper le souffle, comme leur géniteur. Vantardise ? Non, pas vraiment. On ne pouvait nier la beauté du dieu comme on ne pouvait pas nier que la terre tournait autour du soleil. Les flashs cessèrent soudainement, laissant un moment de répit à Dorian qui se permit de s’asseoir plus confortablement. Le mince tabouret qui lui servait de chaise n’était pas agréable pour les fesses et les grognements répétitifs d’Apollon tout au long de la séance l’avaient confirmé. Peu habitué à ressentir la fatigue et la douleur pour des choses aussi anodines qu’un objet trop peu rembourré, il ne s’était pas fait prier pour se plaindre, au plus grand désespoir d’Electra qui en avait assez de l’entendre geindre.

    Electra – « Tu veux savoir quelque chose Dorian ? Ton être m’inspire, mais tes soupirs un peu moins. Tu vas arrêter de te plaindre oui ou non ? »
    Dorian – « Douce Electra… je fais ça gratuitement et en plus, tu refuses toujours de passer une nuit avec moi. Est-ce trop demandé que de pouvoir poser mes fesses sur quelque chose de confortable ? »
    Electra – « Je préférais quand tu ne parlais pas. On continue ? »

    Un rire cristallin s’éleva alors, attirant l’attention des quelques mortels qui marchaient non loin d’eux. Ils devaient essayer de reconnaître ce bel homme qui faisait des yeux doux à la photographe, mais ce serait sans succès. Dorian était beau, certes, mais peu connu à Santorin. Il préférait passer incognito à la demande de son père, Zeus, qui ne voulait pas attirer l’attention sur eux. Se faire découvrir aurait eut tôt fait de détruire leurs chances de regagner leurs pouvoir d’antan, et bien entendu, Apollon souhaitait redevenir le dieu d’autrefois. Ces quelques années passées en tant qu’humain ne seraient bientôt plus qu’un vulgaire souvenir dans sa tête. Arrêtant son éclat de rire d’un coup sec, Dorian se racla la gorge et reprit son sérieux. Electra avait finalement cédé aux caprices de son mannequin et permettait au médecin de poser debout, mais sans lui donner trop de liberté. Il devrait encore placer les membres de son corps au lieu exact où elle lui ordonnerait de le faire… car Dorian avait beau donné gratuitement de son « précieux » temps à la demi-déesse, elle n’avait pas perdu son orgueil et son ami devrait se plier à ses exigences, bénévole ou pas. Et puis de toute façon, le jeune dieu ne pouvait jamais tenir tête à une belle femme très longtemps et faisait de son mieux pour leur plaire. Quoi qu’il savait pertinemment qu’Electra ne céderait pas de sitôt à son charme fou. Déboutonnant légèrement sa chemise, il passa une main dans ses cheveux déjà en bataille, se donnant un air un peu sauvage. Il entendit le marmonnement agacé de la jeune grecque qui cessa aussitôt de régler son appareil pour toiser Dorian froidement.

    Electra – « Il faut vraiment toujours que tu te montres comme ça ? Rattache-moi toute suite cette chemise ! La femme là-bas va bientôt saigner du nez, dépêche ! »
    Dorian – « Tu ne crois pas que les photos seraient plus… »
    Electra – « DORIAN ! »
    Dorian – « Ça va, ça va ! »

    La séance se poursuivit alors sous les sourires amusés d’Apollon, ponctué des soupirs d’Harmonie qui détestait les tendances un peu nudistes de son bon ami. D’ailleurs, elle se demandait bien souvent comment ce don juan avait réussi à l’atteindre droit au cœur, se forgeant ainsi une place de choix dans son cercle d’amis très restreint. Peut-être le médecin était-il ce rayon de soleil qui manquait tant à son bonheur, ou alors elle avait besoin de quelqu’un sur qui passer ses nerfs sans que ça l’éloigne trop. Car Dorian était un être d’une extrême patience et ne s’offusquait pas des remarques acerbes de la belle Electra. À défaut d’en être choqué, il s’en amusait, se délectant de ses insultes et utilisant sa célèbre diplomatie afin de calmer les tensions. Mis à part leur personnalité complètement contraire, les deux jeunes gens s’entendaient à merveille. Il jeta un coup d’œil à sa montre, habitude qu’il avait prise graduellement en observant les mortels tout au long de cette nouvelle vie. Ils semblaient accorder une grande importance à ce que Dorian considérait comme une futilité. Du temps ? Étant immortel, ça ne l’avait jamais atteint, mais maintenant que son existence était en jeu, il avait décidé de faire comme les autres et d’apprendre à mesurer les secondes, les minutes, les heures… et il prenait l’habitude de s’informer de la date, de l’année et du jour de la semaine. Détails qu’il n’aurait pas vraiment pris en compte normalement mais qui dorénavant étaient presqu’essentiels s’il voulait survivre dans ce monde de dingue. Le surmenage était devenu une seconde nature pour Dorian qui ne voyait pas les minutes passer tant il était occupé. Entre son travail débordant, ses nombreuses conquêtes et sa vie familiale assez complexe, son esprit n’avait pas le temps de vagabonder. Merde, il allait être en retard s’il ne se dépêchait pas. Il avait un examen de routine à effectuer chez plusieurs patients ce matin-là, et le premier était Aurora… une femme exquise chez qui il trouvait un certain réconfort.

    S’excusant brièvement à Electra qui prétexta qu’elle en avait assez de lui de toute façon, il remis son veston et sa cravate bien en place, même s’il était parfaitement conscient que quelques minutes plus tard, tous ces bouts de tissu seraient éparpillés sur le sol de la chambre d’hôtel où il se rendait. Dès la première rencontre, Dorian et Aurora avaient trépassé la ligne séparant le docteur de ses patients et ils recommençaient chaque fois. Il avait beaucoup de difficulté à cerner la personnalité changeante des humains, surtout chez des femmes comme Electra, Aerope ou Aurora. Elles lui rappelaient sa sœur jumelle Artémis et c’était probablement pour cette raison qu’elles l’attiraient toutes les trois. L’une embrouillait pourtant plus son esprit que les deux autres, mais il n’avait pas le temps ni l’envie d’y songer. Retrouver sa patiente était tout ce qui importait. Se retrouvant à l’hôtel peu de temps après, Dorian se dirigea tout naturellement vers la chambre familière, qu’il connaissait maintenant sur le bout des doigts pour l’avoir parcouru un nombre incalculable de fois. Disons qu’il connaissait tout aussi bien la chambre où vivait Aurora que le corps de celle-ci… frappant quelques coups légers à la porte, il attendit que la demoiselle vienne lui ouvrir, affichait son habituel air calme. Aurora apparue alors, splendide, ses cheveux un peu entremêlés qui la rendaient plus… animale. Un sourire appréciateur au coin des lèvres, le grec n’attendit pas l’invitation pour entrer à l’intérieur, prenant tout de même le soin d’observer son hôte. Elle arborait ce petit sourire qu’il aimait tant, mais parvenait difficilement à camoufler sa tristesse. Dorian se rendit alors compte qu’ils n’avaient jamais vraiment eu de longue conversation et qu’il en savait très peu sur la jeune mannequin… psychologiquement parlant, bien entendu. Il s’approcha, ses yeux couleur océan toisant sa patiente tendrement, et la souleva dans ses bras, l’amenant directement à son lit. Mais à ce moment, aucune idée perverse ne lui traversait la tête. Il ne voulait simplement pas que sa jambe la fasse souffrir et ils pourraient peut-être parler un peu plus confortablement. Quoi que le dieu avait l’impression que cette coquille ambulante ne craquerait pas…

    Dorian – « Je sais que tout comme la majorité des femmes, tu dois m’apprécier davantage lorsque je t’embrasse et que je me tais… mais je m’inquiète pour toi. Y a-t-il quelque chose dont tu voudrais me parler ? »

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