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 Y0U'RE G0NNA G0 FAR, KID [Thimothée]

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MessageSujet: Y0U'RE G0NNA G0 FAR, KID [Thimothée]   Sam 14 Fév - 3:37


(c)J0KER, feat Électra && Thimothée

Découvrez The Offspring!

« I became insane, with long intervals of horrible sanity »
Edgar Allan Poe___________

    Quelle musique pouvait possiblement être plus agréable que le silence? Emportée par le vent, Électra avait la douce impression de s'envoler avec celui-ci, transportée par son souffle puissant qui se manifestait en brusques raffales en cet endroit perdu, isolé de toute population. Tandis qu'elle avait l'impression que sa peau allait se déchirer sous le souffle tumultueux d'Éole, la jeune femme marchait d'un pas quelque peu incertain en direction de l'ouest, marquant à peine le sol humide de ses pas si légers et empreints d'une grâce inconsciente, animale, presque. Il venait toujours un moment où Électra se lassait des bruits de la ville, si campagnarde et retirée soit-elle. Antisociable, voilà comment les gens l'appelaient si souvent. Pourtant, le terme n'était pas exact... elle ne recherchait pas particulièrement la compagnie des autres, puisque ceux-ci semblaient dotés d'un talent particulier: la traîtrise. Ses comportements souvent excentriques et quelque peu originaux faisaient d'elle quelqu'un d'à part et de particulièrement... imprévisible. Néanmoins, elle était réputée dans la ville pour prendre les meilleurs clichés qui soient. La photographie était sa vie, chez elle, des centaines de photographies accrochées un peu partout. Son logement était le portrait type de celui d'un artiste: en désordre, rempli d'un fouillis inimaginable d'oeuvres... Mais doté d'un puits de lumière. La jeune femme ne pouvait exister sans les chauds rayons du soleil contre sa peau au grain de satin, ç'eut été impensable qu'un jour elle renonce au soleil ou à la lune, malgré la tentation immense de rester chez elle comme une ermite, recluse par sa peur du monde, sa peur de la Vie. Pourtant, que pouvait-il y avoir de bien terrifiant à propos d'une vie? Quand on est habitué de subir tous les malheurs qui passent... on finit par la craindre, justement. Électra avait toujours eu droit au pire, jamais au meilleur, de ce que l'existence réservait. Punie, punie pour un crime dont elle n'avait pas même conscience, pour un crime qu'elle n'avait pas commis...

    L'endroit était dissimulé, cachant pourtant une beauté sauvage, sans faille, presque comme s'il attendait d'être découvert afin de faire profiter de sa magnifiscence à l'explorateur ayant bravé les sentiers rocailleux et instables des falaises avant de s'enfoncer toujours plus bas, là où la chute libre était presque certaine si on perdait pied. Pourtant, la sérénité de cette distortion dans le schéma des falaises valait bien la peine de risquer de se rompre le cou, selon Électra. Après tout, qu'était donc l'existence sans un peu de risque pour pimenter celle-ci? Sans risques... l'existence n'était rien, selon la jeune femme. Il n'y avait que dans ces instants de folie au cours desquels elle agissait soit stupidement ou de manière dangeureuse qu'elle se sentait vraiment vivante. Sinon, elle n'était rien de plus qu'une vague coquille... Une coquille qui marchait, qui parlait quelque peu, qui jamais ne pleurait, mais jamais ne souriait non plus. Telle était Électra, une montagne de sentiments contradictoires continuellement refoulés, distante avec les gens en général, de glace avec les hommes -plutôt nombreux, il fallait l'avouer- qui tentaient vainement de la séduire. Caractérielle et très particulière, elle n'en demeurait pas moins la personne la plus attachante qui soit, quand on se donnait véritablement la peine de la connaître, malgré le nombre très restreint de gens considérés comme des "amis". Les gens lui apportaient déception sur déception, donc Électra avait bien fini par se lasser des autres, préférant de loin la compagnie de son fidèle appareil photo ainsi que d'elle-même, de très agréable compagnie quand on cessait de s'étonner de ses tendances à la fois directes et discrètes, brusques et douces, tendres mais dures... Déconcertante, c'était bien le mot. La belle photographe était absolument déconcertante. C'est avec cette pensée désolée à son égard que son regard se porta sur l'endroit qu'elle venait finalement d'atteindre: la fameuse crique, celle dont elle seule connaissait l'existence, du moins à sa connaissance.

    Le regard couleur de lune d'Électra s'égara dans les douces courbes façonnées par une ancienne cascade d'eau ayant laissé derrière, après sa mort, une surface douce et extrêmement polie. Combien de fois ses doigts avaient-ils effleuré les parois de cette crique minuscule, tellement secrète à ses yeux? Une section entière du mur d'exposition chez elle était consacrée à cet endroit qu'elle adulait par-dessus tout, des clichés sur tous les plans et tous les angles. Son obsession face à la luminosité incomparable et aux jeux de lumière présents faisait naître l'incompréhension chez ceux connaissant son attachement à cette merveille. Ses amis la taquinaient, du moins ses rares amis qui se résumaient à... 3, dont seulement une la connaissait réellement. Électra souriait alors distraitement, ses yeux d'un fascinant gris pâle et scintillant tournés vers une lumière perdue que nul autre ne contemplait, perdue dans ses songes aussi profonds que les abysses, un sourire intérieur étiré sur les lèvres pleines de son âme troublée... Ramenée brusquement à la réalité par le chant d'un oiseau l'arrachant aux tentacules de ses pensées, la jeune femme leva la tête vers un arbre non-loin d'elle, où la fixait une minuscule hirondelle. Tournant vers elle son visage si beau qu'il semblait sculpté par les anges, Électra sourit. Ce n'était que lorsqu'elle était seule que la superbe photographe s'accordait le droit de laisser ses lèvres pâles et pulpeuses s'étirer en un fin sourire, accordant ainsi une étincelle de vie à son visage si beau, si pâle... un visage que l'on croirait emprunté à une statue tant il était figé en une éternelle expression de lunatique contemplation, de distante froideur. Un rayon de soleil perça les quelques nuages couvrant le ciel d'un bleu inimaginable, et vint darder la jeune femme de sa chaleur, qui frissonna sous le changement brutal de température, elle qui se trouvait auparavant à l'ombre agréable d'un vieux saule.

    C'est après avoir pris plusieurs clichés comme à son habitude qu'Electra finit par s'asseoir sur le bord de la falaise, ses longues jambes nues se balançant dans le vide doucement, telles deux fines branches bougeant sous les caprices du vent. L'oeil collé contre l'appareil, la superbe photographe finit par le redéposer et se releva. D'un preste mouvement, elle retira ses vêtements -après tout, qui donc passait par ici, par ce chemin perdu sur lequel on manquait continuellement de se rompre le cou?-, déposant d'abord sur la pierre de la falaise sa chemise blanche et son short, rapidement suivis de ses sous-vêtements. S'élançant avec une grâce dont elle seule était capable, la jeune femme plongea, pénétrant l'eau avec tant de précision qu'elle ne fit presque pas d'éclaboussures. Restant sous l'eau un moment, savourant la sensation salvatrice du liquide vital contre sa peau de satin, Électra remonta éventuellement à la surface, malgré sa capacité pulmonaire plutôt... exceptionnelle. Frôlant au passage les cailloux jonchant le fond de l'eau, un peu plus de trois mètres plus bas, elle rejaillit à la surface telle un puissant poisson, faisant jaillir autour d'elle des lames d'eau qui scintillaient sous la lumière du soleil. Voilà une facette inconnue d'Électra... dans l'eau, elle était parfaitement dans son élément. Dans l'eau, elle pouvait se permettre de faire n'importe quoi en riant et en jouant comme une enfant. Peut-être n'aurait-elle jamais remarqué sa présence si l'hirondelle ayant chanté plus tôt n'avait pas à nouveau fait entendre sa douce voix, comme si elle tentait de prévenir, quelque peu tard, la jeune femme d'une visite importune.

    Levant les yeux, la belle photographe vit une silhouette imposante, de haute stature. Ce n'est que le rire appréciateur du jeune homme qui lui permit de le reconnaître: qui d'autre que Thimothée aurait pu la prendre dans une telle situation, d'ailleurs. Elle vit d'ailleurs sa mine réjouie quand il s'approcha, et se demanda depuis combien de temps il était là. Avait-il eu le temps de la voir se dévêtir avant de plonger? Ou alors venait-il à peine d'arriver? Car il était clair que de cette distance et puisque l'eau dissimulait quelque peu son corps, il ne pouvait voir, au mieux, qu'un corps d'une blancheur d'albâtre, sans les moindres détails. Priant pour qu'il n'ait rien vu, elle se maudit de son imbécilité, songeant à retourner au fond de l'eau jusqu'à ce qu'il s'en aille. Excellente idée. Car elle ne saurait pas arborer une expression froide et distante comme avec les autres: elle en était tout bonnement incapable avec lui, et cela l'enrageait et l'enchantait à la fois. Donc elle finit par s'éclaircir la gorge, et haussant sa voix de velours, salua éventuellement le jeune homme à la mine réjouie. Dieux! Qu'elle aurait voulu aller se frapper la tête sur un mur, à présent... Quelle idiote. Ce mot résonnait très fort dans sa tête ; idiote, idiote... STU-PI-DE. Car elle était assez embarrassée... mais tout de même heureuse de voir Thimothée. Quelle confusion. Pourtant, son salut était plus qu'acceptable. Compte tenu des circonstances. Elle tentait de paraître en contrôle, même si son embarras était assez évident. Se connaissant, elle ferait probablement quelque chose de stupide comme « Cap ou pas cap de venir me rejoindre? » Quand cette pensée lui vint en tête, elle faillit pouffer de rire, sachant parfaitement que c'était le genre d'idioties auxquelles le jeune homme pouvait s'adonner en tentant de la faire sourire.

      • Électra - « Thimothée. Je te demanderais bien ce que tu fais ici... mais dis-moi par pitié que tu n'as pas un groupe de touristes avec toi, ou je jure par les dieux que je vais me réfugier sous l'eau jusqu'à ce que tu aies fait demi tour. (pause, silence) Si tu n'es pas avec un groupe, sache que l'eau est bonne. »

    Le voilà, son minuscule défi à peine dissimulé. L'esprit ailleurs, elle avait oublié être nue à l'instant même où elle lui avait proposé de la rejoindre. Il n'y avait nulle intention dans sa proposition, la même qu'un gamin de 7 ans aurait fait à son ami. Non, elle voulait... que voulait-elle? Elle voulait rire. Electra voulait voler des minutes au temps et ainsi gagner quelques heures de joie, puisque son ami qui lui était si dissemblable semblait bien être le seul à la faire rire. Curieux. En sa présence, la rayonnante jeune femme se sentait exactement comme si elle jouait un rôle. Et d'un autre côté, ses instincts lui chuchotaient que peut-être était-ce avec lui que sa véritable personnalité se manifestait, qui sait?

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Moĩrai

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MessageSujet: Re: Y0U'RE G0NNA G0 FAR, KID [Thimothée]   Lun 16 Mar - 19:18

    Pouf, ah bah voilà. Bien joué franchement. Hermès a perdu son pouvoir.
    C'est Electra qui a de la chance.
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Y0U'RE G0NNA G0 FAR, KID [Thimothée]
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