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 Guess I'm holding on to treasures [Cléanthe]

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Anthea P. Iordanou
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Emploi : Archiviste à l'office de tourisme.
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MessageSujet: Guess I'm holding on to treasures [Cléanthe]   Dim 5 Avr - 0:56

« To things that just aren't there, to words I wish to hear. »


Elle n’était jamais d’humeur. Aujourd’hui encore moins que les autres jours. Elle préférait oublier et tirer un trait sur les discussions à bâtons rompus avec Timothée. Elle n’avait vraiment pas envie d’y repenser. Mais qui plus est, cela faisait quelques jours qu’elle se retrouvait au même rang que les mortels. La rupture avec son ancien statut avait été si brusque. Elle ne l’aurait jamais pensé. C’était trop tôt, elle n’était toujours pas prête à se faire à cette nouvelle existence. C’était de trop pour elle. Elle était née dans ce but unique d’être une déesse et rien d’autre. Comment faire en étant descendue à un simple rôle de mortelle. C’était insupportable pour la fière déesse. Plus encore de se retrouver sans moyen, sans solution pour récupérer ce rang qu’elle méritait au plus haut point. Ca avait déjà été une telle humiliation que de descendre de l’Olympe. Voilà que maintenant, elle n’avait même plus cette immortalité devant elle. Lorsqu’elle atteindrait sa fin inéluctable, il n’y aurait plus rien derrière. Pas de renaissance. C’était insupportable. Et cela la terrifiait jusqu’à la geler sur place, l’immobilisant sans qu’une pensée cohérente ne puisse suivre l’autre. Et le fait de savoir que c’était de la faute stupide et enivrée de ses collègues la mettait dans une rage incommensurable. Elle leur ferait payer. Elle n’était peut être plus aussi puissante que par le passé mais elle connaissait bien des tortures qui à défaut de lui rendre ses pouvoirs ou de trouver une solution, la soulagerait considérablement.

A défaut, elle passait ses nerfs en hurlant à plein poumons sur ce pauvre aspirateur qui n’avait rien à voir dans toute l’histoire. Mais après tout, il l’avait cherché lui aussi. Avait-il besoin de refuser de fonctionner au moment même où les pouvoirs d’influences de la demoiselle s’était évaporé ? C’était un bien mauvais timing qu’il lui fournissait là. Ca aurait peut être pu passer à un autre moment et encore. Mais là, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Pestant, rechignant, elle poursuivit sa volée de bois vert à l’encontre du malheureux ustensile moderne pendant cinq bonnes minutes avant de finalement le jeter à la borne. Qu’il ne reparaisse plus devant ses yeux. Et qu’ils engagent une femme de ménage. Ils étaient des divinités après tout. Ils n’avaient pas à s’occuper de choses aussi triviales. Ou alors Hestia n’avait qu’à être utilisée comme telle. C’était elle la déesse du foyer. Athéna s’occuper de la guerre et n’entendait pas mettre en œuvre son génie militaire contre des toiles d’araignées ou des la poussière accumulée sous un sofa.

« Je sors. » lança-t-elle aux autres occupants de la villa et elle attrapa sa veste de cuir.

Il faisait froid à l’extérieur mais elle n’avait pas l’intention de s’attarder de toute manière. Elle n’était clairement pas d’humeur à observer le soleil se coucher dans la mer, domaine à jamais interdit. Plutôt qu’errer dans les rues de Santorin, elle se dirigea d’un pas décidé vers les lieux appartenant à celui qui était en partie, si ce n’est totalité connaissant le caractère effacé d’Héphaïstos, responsable de cette déchéance plus rapide que prévue. Elle laissa sa veste à l’entrée et jeta un regard indifférent sur la foule de touristes qui se déhanchaient déjà sur les sons électro et dans les lumières qui pouvaient rendre n’importe quel sain d’esprit épileptique. Se frayant un chemin, elle se dirigea vers le bar, n’hésitant pas à pousser du coude les gourdes aux cheveux d’ors qui étaient vêtues de quelques maigres tissus achetés à prix d’or. Ignorant les dragueurs de bas étages qui lui proposaient d’offrir un verre à cette somptueuse créature à l’air farouche et sauvage, elle s’adressa directement au barman pour qu’il lui serve une vodka pure.

Si tout était terminé, si rien ne reviendrait jamais dans l’ordre établi des choses, elle avait bien l’intention de profiter de chaque seconde. Dionysos avait fait des conneries ? Elle allait en faire de pires. Au bout de la troisième fournée, elle était plus que pompette pour ne pas dire ivre. C’était le prix à payer lorsqu’on jouait les déesses effarouchées qui ne touchaient jamais à l’alcool car assombrissant l’esprit. Pour ce qui lui en restait maintenant. Dansant au milieu de la piste, point d’attraction de tous les regards, elle se laissait allait entre les bras d’inconnus, ne prêtant pas la moindre attention à leurs regards concupiscents. Oui, elle allait faire des bêtises. Mais pas avec n’importe qui. Elle repoussa de sa main un des danseurs autour d’elle et entreprit de se diriger vers le bar pour se commander un nouveau verre. La douleur était encore trop présente. Elle se devait de l’assommer et mieux que ça. Toutefois l’individu ne lâcha pas l’affaire et la suivit pas à pas, ses mains se baladant sans aucune retenue sur le corps parfait de celle qui était jusqu’à il y a quelques jours une déesse. Elle tenta de le repousser à nouveau mais rien n’y faisait. Il était plus fort qu’elle et si en temps normal, cela ne lui aurait pas causé de souci, ce soir, elle n’était pas en position de remporter quelque bataille que ce soit.

_________________

Sur le fil du rasoir je déambule ma vie. Au fond d'un vieux tiroir, j'accumule mes envies. De la beauté du marbre, j'ai parfois la froideur mais c'est au bout d'un sabre, que j'accroche mon coeur.
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MessageSujet: Re: Guess I'm holding on to treasures [Cléanthe]   Mer 8 Avr - 4:00



« You're free to leave me, but just dont deceive me
And please, believe me when I say I love you... »


    Jamais Cléanthe n'aurait cru avoir la capacité de s'énerver ainsi. L'homme avait toujours été de nature calme, le parfait genre de gérant en contrôle de chaque situation et qui ne perd jamais son sang-froid. L'hôtellier était reconnu pour sa faculté quasi-incroyable de garder sa tête froide en toute situation, et il gardait la bride de ses émotions très serrée avec toute la force que lui procurait sa calme volonté de fer et sa grande intelligence. Pourtant, cette sensation qui le tailladait depuis quelques jours était bien réelle. Tout autour lui semblait inconstant, mû au gré de ses émotions, de ses désirs les plus fous, de ceux qu'il n'oserait jamais exprimer de vive voix. L'univers vibrait, pulsait, et son organe vital était le coeur de Cléanthe Odusseus, 25 ans et marié, gérant de l'hôtel Astartes. Il n'aurait jamais cru pouvoir se fâcher contre sa femme, non plus. Cette jeune femme, si douce et si tendre, arriva pourtant ce jour-là à le mettre en rogne. Sa journée s'était tellement bien déroulée, pourtant... sans anicroche, contrairement à ce qui s'était établi comme une normalité. Les clients s'étaient tous montrés coopératifs et agréables, pour une fois. Rien n'aurait pu gâcher cette journée, malgré cette harrassante sensation de laisser-aller qui l'exaltait et le répugnait à la fois. De prendre une pause de son éternel contrôle, de cette rigidité sérieuse continuelle, mais également, laisser libre cette bride qu'il tenait normalement si serrée sur son coeur et sur ses émotions... L'aristocrate du dimanche. Oh tiens regarde, voilà l'aristocrate du dimanche qui passe! Il revient de son palais doré, regarde-le qui marche! Allez, on va lui baiser les pieds! Il s'était retourné, rouge de colère, avant de voir que celui qui parlait n'avait que 6 ans. Cléanthe n'allait tout de même pas frapper un sale gosse qui ne faisait que répéter les idioties qu'il avait entendues... Pourtant, c'est bouillant que le gérant entra chez lui, et la colère présente sur son beau visage ne disait rien qui vaille.

    Cléanthe était miraculeusement parvenu à se contenir sur le chemin du retour, rassemblant le peu de contrôle qu'il lui restait afin de ne pas exploser au beau milieu de la rue Que diraient alors les gens, ce que répéteraient par la suite leurs morveux? Ohh, mais il est rouge de colère, l'aristocrate du dimanche! Or Cléanthe, en homme discret qu'il était, n'aimait pas particulièrement se faire remarquer, préférant de loin observer sans l'être à son tour. Sa femme lui avait jeté un regard surpris lorsqu'il claqua bruyamment la porte: si Psamathé l'avait rarement vu en colère, c'était bien la première fois qu'elle voyait son époux hors de lui, et cette vision pour le moins impressionante la fit reculer d'un pas. Elle tenta de le calmer, de le raisonner, mais rien n'y faisait, ni ses suppliques ni ses yeux tendres remplis d'une douceur inquiète ne parvenant à l'apaiser. Cléanthe ne désirait ni douceur ni tendresse, ressentant plutôt en ses veines un désir profond d'ailleurs, une folle envie de torturer ses sens. D'où provenait cette sensation? Cette folle envie, doucereuse et traitresse, de s'enivrer jusqu'à ne plus avoir de souffle, de boire jusqu'à ce que cette violence, cette violence si douce faite à ses sens exacerbés le contente pleinement. C'étaitnouveau et si étrange pour cet homme normalement tellement sérieux et en contrôle de ses moindres faits et gestes. Sa femme tentait de le raisonner. Rien n'y faisait. En fait, plus elle lui parlait, plus la colère montait, et ces élans de rage que Cléanthe ressentait en lui, qui l'enveloppaient comme un filtre dangereux et douceureux, lui faisaient découvrir une sensation jusqu'alors si peu ressentie: la violence. Les paroles de sa femme, pourtant si douces comme toujours, prononcées par une voix de velours qui le faisait frémir en temps normal implantèrent en lui une envie d'ailleurs. Déguerpissant avant de poser un geste qu'il aurait fortement pu regretter, Cléanthe attrapa sa veste avant de sortit, se fondant rapidement dans les ténèbres.

      « Ne m'attends pas pour dormir. », prévint-il, et la seule chose qui répondit au regard angoissé de Psamathé fut un immense soupir de la part de son époux, qui s'éloignait déjà à grands pas en direction d'il ne savait où, de n'importe où, le désir de s'en aller, de s'en aller le plus loin possible, au bout du monde s'il le fallait...


    Il ne voulait pas penser, ne souhaitait pas raisonner, bien que le désir de compréhension de ces nouvelles impressions en lui, tout ce bouillonement irréel qu'il ne comprenait pas, que le jeune gérant ne cherchait pas à comprendre, submergé qu'il était. Un esprit de rébellion s'éleva en lui alors que ses longues jambes le menaient toujours plus loin, son regard se portant sur la seule boite de nuit de Santorin, dans laquelle il se pressa de pénétrer. Son coeur galopait dans sa poitrine à un rythme effréné alors que Cléanthe avançait de son pas rapide et régulier, ses foulées puissantes l'amenant près du bar. L'homme avala d'un trait le rhum que la barmaid lui servit. Ignorant ses oeillades invitantes, ressentant avec exaltation le liquide fumant dans sa gorge, se propageant partout, électrisant son corps. La confiance en soi semblait émaner de lui comme un halo tandis qu'il posait son regard clair sur la piste de danse, et il LA vit. Le gérant perdit tous ses moyens, sentant ses jambes chanceler sous llui. Si belle, telle une sirène venue d'un autre monde, si terrible et farouche, mais étonnament, elle lui semblait si fragile sous les néons de la piste de danse... Une étrange émotion étreignit son coeur. Comme il aurait voulu la protéger, cette petite poupée si délicate et si terrible à la fois... aussi belle et terrible que l'aurore... Pourtant, elle ne semblait pas si farouche entre les bras d'un inconnu. Un homme pas même digne d'épousseter le sol devant elle, mais qui se permettait pourtant de la caresser, de passer ses mains de sale porc sur ses courbes qui semblaient si douces, sur ses hanches fines... Le désir enflamma l'esprit de Cléanthe, qui se moqua intérieurement de ses pensées: après tout, s'il avait eu la chance d'être à la place de celui qu'il avait traité de sale porc, Cléanthe aurait agi ainsi, bien qu'avec davantage de considération, fidèle à ses principes. La voilà qui se débattait entre les mains de l'inconnu, refusant ses mains et tentant de le repousser... Sourire triomphant aux lèvres, Cléanthe posa simplement une main de fer sur l'épaule de l'autre, lui signifiant clairement de dégager. Celui-ci voulut protester, mais recula devant l'air agressif de l'homme de 25 ans.

    Les longs doigts froids se sa main glissèrent doucement sur le bras d'Anthéa alors qu'il se permettait ce contact tandis que, le torse appuyé contre son dos pour pouvoir lui parler en étant entendu, il sentait de délicieux frissons courir le long du dos de la demoiselle, sur cette peau d'ivoire dont il sentait la douceur sous ce vêtement qu'elle portait. Se faisant violence afin de ne pas l'imaginer sans ce dernier, Cléanthe finit par s'écarter, courtois comme toujours, et la regarda de ses yeux bleus comme le ciel, troublés également, alors qu'elle se retournait vers lui. Une caresse. Il avait passé ses doigts sur son bras une fois. Et pourtant, la douce sensation de sa peau chaude sous ses doigts perdurait comme un souvenir délicieux gravé à jamais contre ses doigts. Incroyable, tout de même... Malgré le temps qui avait passé depuis leur première rencontre, Anthéa continuait de lui faire cet effet incroyable: celui d'être seul avec elle, seuls, femme et homme dans une mare de gens. Tremblant. Il était presque tremblant devant elle, devant cette apparition pourtant bien réelle, tant respectée qu'il osait à peine rêver d'elle, la nuit... Sublime, désirable Anthéa...

      « J'espère qu'il ne t'a pas trop amochée... », s'inquiéta-t-il, tentant tant bien que mal de résister à l'attrait incroyable qu'elle provoquait, cette incroyable attraction... S'il s'était écouté, et si le doux visage de sa femme ne s'était pas présenté à lui... il n'osait pas y penser. Mais le visage de Psamathé, bien que bien-aimé, n'était qu'une image de celle qui l'avait fait enrager... Anthéa... Anthéa était bien réelle et devant lui, troublée comme il n'aurait jamais osé l'imaginer.
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Anthea P. Iordanou
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MessageSujet: Re: Guess I'm holding on to treasures [Cléanthe]   Sam 11 Avr - 17:54

Ithaque,

Voilà. Cela touchait à sa fin. La déesse avait veillé sur le roi de ces contrées pendant quinze ans sans autre contrepartie que la piété qu’il avait montrée à son égard. Avait-elle espéré plus ? Aux yeux des autres, non. Seule la victoire ingénieuse pouvait la combler. C’était ce dont elle s’était persuadée toutes ces années durant en suivant les exploits de ce mortel si particulier à ses yeux. Elle avait eu l’impression de retrouver ce qui lui manquait à ses côtés. Quelqu’un en qui elle pouvait placer ses divines aspirations et dont elle était sûre qu’il ne pourrait y défaillir. Le siège de cette ville avait été long. Beaucoup d’hommes avaient péris. Quelques uns étaient sous la protection de la divinité. Mais aucune de leur mort ne l’avait affecté comme elle l’était aujourd’hui des adieux à son protégé par excellence. Elle s’était amusé de l’autre côté du domaine de son oncle. Passer ses nerfs sur son frère en le faisant couler dans les aléas d’une bataille avait été des plus satisfaisants. Souffler en rêve les solutions à Ulysse pour qu’il permette aux alliés de Spartes de se sortir de cet enlisement guerrier avait été assouvissant. Par contre, le voyage de retour avait été plus éprouvant, tant pour l’humain que pour la déesse qui avait bien du mal à le protéger. Elle avait déployé son aile protectrice à son encontre dès qu’il mettait pied sur la terre ferme. Mais le domaine bleu n’était pas le sien. Et elle y était elle-même la malvenue.

« Avez-vous vu mon époux ? »

Athéna se mordit les lèvres. Elle savait pertinemment que ce n’était pas bien d’avoir jeté un tel voile sur le regard de Pénélope, l’empêchant de reconnaître cet époux qu’elle avait attendue depuis plus d’une décennie, rejetant les demandes de ses prétendants. Elle aurait dû les laisser à la joie des retrouvailles, à la gloire de la victoire. Mais elle se réfugie derrière la menace des prétendants de la magnifique femme de son héros. Qu’il se dévoile et il en sera terminé de lui. C’est la solution de la facilité. Et puis elle n’est pas encore prête pour les séparations. Elle sera obligée de le partager à nouveau. Pire, de le laisser entièrement à l’amour de cette mortelle, en se retirant à nouveau, glacée, dans son Olympe.

« Pourquoi ne pas faire un concours de tir à l’arc ? Que les prétendants s’essayent tour à tour à l’arc d’Ulysse. Vous épouserez celui qui parviendra à mettre une flèche dans la cible. »

La divinité ne peut qu’émettre un sourire triste. L’élève a bien appris du maître. Seul Ulysse peut utiliser l’arc, tant la corde est tendue, tant il faut de la force pour décocher une flèche. Finalement, elle doit se résoudre. La parenthèse enchantée est terminée pour eux, si jamais elle a été ouverte un jour. Il s’agira sans doute d’un secret de polichinelle dans le cœur du panthéon olympien. Mais elle n’allait pas trahir ses serments, tout comme elle allait respecter celui qui unissait en plus de l’amour profond Ulysse et son épouse. Peut être qu’un jour, elle aurait la chance de rencontrer un de ses descendants qui cumulerait autant d’intelligence, d’éveil, de culture et de malice qu’Ulysse. Et cette fois-ci, elle saisirait la balle au vol.


***


Elle ne s’y attendait pas le moins du monde. Elle ne l’avait même pas espérer en pénétrant dans les lieux de débauche tenu par l’un de ses anciens confrères. Elle avait un temps caressé l’idée de passer à l’hôtel que tenait avec éclat et efficacité ce descendant d’Ulysse qu’elle avait tant attendu. Mais elle avait repoussé l’idée. Il devait certainement être chez lui, auprès de sa charmante et douce épouse. Tout ce qu’elle n’était pas. Et tout ce qu’elle ne serait jamais. Une fois de plus comme des millénaires auparavant, elle s’était dégonflée. Elle ne souhaitait pas briser un couple solide et respirant la perfection. Mais pour autant, elle était plus humaine qu’avant, plus soumise à ses émotions et ses instincts animaux que le regard bleu gris de Cléanthe éveillait en elle. Etait-ce la raison principale ? La perte de son statut de divinité ? Ou bien était ce toute autre chose ? L’attirance profonde qu’elle tentait d’enfouir était-elle plus forte, plus dense que pour son illustre ancêtre ?

Les sensations qu’elle éprouva en le voyant s’interposer face à l’altercation qui prenait naissance entre la demoiselle et son prétendant aux mœurs des plus douteuses penchaient pour cette seconde hypothèse. Une explosion, un feu d’artifice lui coupa toute respiration dans un premier temps. L’air était déjà surchargé d’électricité sensuelle et voilà qu’il venait en rajouter. Les palpitations de son cœur, trop rapides pour permettre à son esprit embué par les vapeurs d’alcool, ne l’aidaient pas à aligner deux pensées cohérentes qui lui auraient très certainement conseillait de s’éloigner de cette dangereuse tentation. Mais la seule sensation qu’elle éprouva la poussa à lui sourire sans pudeur et elle dut se mordre la lèvre inférieure pour ne pas se laisser à se rapprocher le plus possible de lui. Non, il n’y aurait pas d’Athéna responsable cette nuit. A quoi bon de toute manière. Elle était persuadée que c’était sa dernière opportunité de vie. Elle allait la saisir à bras le corps et ressentir enfin toutes les émotions qu’elle s’était refusée jusqu’alors.

Elle eut du mal à réprimer un gémissement de plaisir en sentant le torse de l’homme contre lequel elle se reposait, sa chaleur l’envahissant, lui donnant une sérieuse envie de retirer tout tissu contre sa peau dont la promiscuité synthétique les rendaient insupportables à ses sensations. Etrangement, un frisson envahit sa colonne vertébrale pour remonter jusqu’à exploser dans sa tête alors qu’il faisait courir ses doigts glacés le long de son bras dénudé. Il mit fin à cette torture délicieuse en se mettant face à elle. Etait-ce un bien ou un mal ? Elle ne saurait le dire. Toujours est-il qu’il était tout aussi désirable et qu’elle avait bien du mal à maintenir la gueule de l’animal bestial qui se trouvait au fond d’elle. Ce dernier rongeait depuis des siècles les cordes qui le maintenaient fermement attaché. La délivrance ne tarderait plus à ce rythme là.

« Non. Tout va bien. » finit-elle par répondre, la voix rauque par la proximité de l’homme qui hantait souvent ses nuits. Elle aurait dû détourner le regard, s’éloigner de l’intensité de ses prunelles dans lesquelles elle se perdait et qui risquait de l’amener au point de non-retour. Et pourtant, elle n’y parvenait absolument pas. Elle était comme hypnotisée par sa présence et plus rien d’autre dans cette salle, au monde ne semblait exister que ces deux corps à la distance l’un de l’autre aux limites de l’insupportable. « Tout va parfaitement bien. Maintenant. » Oh et puis zut, tiens. Elle s’était gardée pendant des millénaires. Et Hermès le lui avait bien fait ressentir. Elle n’était plus la même. Le monde avait changé en même temps qu’eux. Elle n’avait pas à rester de marbre jusqu’aux fins de ses jours qui semblaient toujours plus proches.

La musique se fit plus lente, plus sensuelle autour d’eux et comme s’ils étaient mus par un même esprit, des couples se formèrent en une danse lascive autour d’eux. « Tu m’accordes cette danse ? » Oui, elle avait décidé de ne plus penser qu’à elle-même. Tant pis pour Psamathé qui devait certainement s’interroger sur l’endroit où se trouvait son époux. Ou au contraire qui le pensait sagement en train de travailler au complexe hôtelier qu’il devait gérer. Tant pis pour Hermès qui ne cessait de souffler le chaud et le froid. Il mériterait ce qui lui arriverait. Et s’il attrapait une maladie sexuellement transmissible en raison de ses fréquentations un peu trop nombreuses aux goûts de la déesse, il serait le seul à en payer les conséquences. Et elle lui renverrait à la figure ce à quoi il n’avait cessé de l’inviter sans réponse favorable. Et tant pis pour elle-même. Pour ce serment prêté alors qu’elle n’était qu’une toute jeune déesse, forte de sa fierté, gonflée de son amour propre. Elle se rapprocha de Cléanthe de telle sorte que ses traits parfaits envahirent son champ de vision. Sentant la chaleur des corps l’un contre l’autre, elle se laissa portée par cette douce mélodie qui sortait d’un endroit jusqu’alors inconnu avant qu’elle ne se rende compte qu’il s’agissait des palpitations de leurs cœurs dans le creux de sa main. Le reste n’exista bientôt plus. Il n’y avait qu’eux de vivants aux alentours. Et la seule envie qui l’étreignait était de se mettre sur le bout de ses pieds pour frôler de ses lèvres celles pleines et charnues de l’homme qui se trouvait contre elle et goûter enfin le fruit défendu. Un tel geste aurait effaré Athéna la déesse et l’aurait paralysait pour moins que ça. Même Anthea l’humaine aurait réprouvé un tel acte. Mais voilà, elle n’était plus vraiment elle-même en raison de fort degrés d’alcoolisation qui se trouvait dans son sang. Dionysos avait bien raison au final. C’était une sensation délicieuse de se laisser porter, de ne pas penser un seul instant aux conséquences de ces actes. « Tu crois qu’on va mettre encore du temps ? » finit-elle par murmurer dans le brouhaha ambiant. Elle voulait être fixée. Elle voulait faire avancer les choses. Elle n’en pouvait plus d’attendre. Et elle estimait que le moment était propice à prendre le taureau par les cornes. Ce qu’elle éprouvait pour lui, ce qu’il la faisait éprouver, se passait de mot. Elle souhaitait des actes maintenant. Finies les réflexions.

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