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 « La chaleur du volcan » (Pv Kímôn)

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MessageSujet: « La chaleur du volcan » (Pv Kímôn)   Ven 20 Fév - 2:25

{Désolée pour le titre pourri, je n'avais pas d'idée ^^]

- En effet, Héphaïstos, que les Romains nommaient Vulcain, était le dieu des volcans et y avait ses forges. C’est de cette manière que les Anciens expliquaient des phénomènes naturels inexplicables pour l’époque. La chaleur du volcan était attribuée au travail du dieu qui, très habile de ses mains, a créé des dizaines d’objets au centre de mythes tels que la ceinture d’Aphrodite ou encore le collier d’Harmonie.
- Héphaïstos, n’était-ce pas ce dieu boiteux qui était représenté comme un monstre ?

La quasi-totalité du groupe de touristes dont je m’occupais se tourna vers l’homme qui venait de parler, visiblement étonné de tant de culture. Ce dernier, dont le ventre imposant dépassait du bas de sa chemise bariolée et dont le visage bouffi était couvert de rides profondes, semblait en effet plus adepte des bars et des casinos de Las Vegas que des discussions à propos de la mythologie grecque. A cette époque de l’année, les Cyclades n’étaient visitées que par des retraités et autres riches américains qui préféraient passer la journée à la plage qu’aux côtés d’une guide touristique. Cependant, je les aimais bien ces touristes qui ne se prenaient pas la tête pour des bêtises et qui découvraient la Grèce comme des enfants. Ils me rappelaient une certaine forme d’innocence que j’avais sûrement étant jeune.

- Oui, vous avez raison, Héphaïstos était réputé pour être très laid, sa mère Héra l’ayant enfanté seule et à sa naissance, l’ayant précipité du haut de l’Olympe.
- Le pauvre n’a pas du avoir une vie facile, s’apitoya une dame d’un certain âge.
J’esquissai un petit sourire discret, alors qu’au fond, j’étais ravie. Les amener à s’intéresser à ce qui me passionnait était toujours une victoire.
- On lui donna pour épouse la plus belle des déesses et pour cause, puisqu’il s’agissait d’Aphrodite, déesse de la beauté et de l’amour. Mais si lui éprouvait sans doute de l’amour pour elle, ce n’était pas partagé, et la déesse prit pour amant Arès, dieu de la guerre. Je vous laisserai découvrir par vous-mêmes de quelle manière Héphaïstos piégea le couple interdit.

Je parlai encore quelques minutes sur le volcan de Santorin. Ce passage de mon discours appris par cœur était celui que j’aimais le moins. La géographie m’ennuyait profondément. Au début, lorsque je venais d’obtenir le poste de guide touristique, j’étais très angoissée même si j’étais persuadée que tout allait se passer pour le mieux puisque c’était ce que je désirais le plus au monde : me trouver un boulot, subvenir à mes besoins et partager ma passion avec les autres. J’avais donc rédigé mon explication et je la récitais fidèlement, j’avais la chance d’avoir une excellente mémoire. Mais au fil du temps, je me surprenais à modifier des paragraphes ou à m’embarquer pour raconter des mythes anciens. Je me délectais de raconter, une certaine euphorie m’envahissait alors et je me laissais emporter par le flot de mes paroles. Parfois, je sentais des expressions sur le visage des touristes, je sentais leurs sentiments. Certains étaient passionnés, d’autres me trouvaient pathétique, mais j’avais la conviction que ça ne laissait pas indifférent. Narrer ces histoires, c’était comme tisser des événements les uns aux autres et quelque part les faire exister.

- Désormais, nous allons nous diriger dans le centre de la petite ville où nous trouverons des boutiques artisanales qui ont conservé toutes leurs techniques et tous leurs charmes d’antan. Je vous conseille d’aller visiter l’atelier des tisserands ainsi que la forge où l’artisan se fera un plaisir de vous expliquer comment fonctionnait une forge aux siècles précédents.

Je m’éloignai d’une marche rapide, leste et vive. J’étais certes alourdie par mon dossier de visite que je portais dans mon sac en bandoulière mais je pressai mon pas pour aller rejoindre Kímôn, surveillant du coin de l’œil les retraités qui me suivaient difficilement. Aller l’observer me rassérénait toujours l’âme et dieu seul sait combien j’en avais besoin. Quand j’avais fait sa connaissance, nous avions rapidement sympathisés même si pour une fois, c’était moi qui avais fait le premier pas vers lui. En temps normal, j’étais farouche et n’osais pas m’approcher de ceux que je ne connaissais pas. C’était ridicule mais j’étais persuadée d’attirer le malheur sur moi. Toutes mes relations s’étaient soldées par la mort, par des séparations injustes, par des brouilles, par une souffrance insupportable pour moi. S’attacher aux autres m’était devenu impossible. Mais quand j’avais croisé Kímôn, j’avais fait une exception à la règle. C’était d’ailleurs encore la seule à ce jour. La splendeur de son travail m’avait peut-être envoûtée. Sa personnalité si mystérieuse m’avait peut-être intriguée. La souffrance que je sentais dans son âme non guérie me rendait peut-être proche de lui. Comment l’expliquer ? Nous étions donc devenus plus ou moins amis, mais avant que nous ne puissions nous rapprocher plus, Kímôn m’avait rejetée avec le plus de délicatesse possible. J’ignorais ce qu’il tentait de me cacher mais j’avais bien l’intention de le découvrir.

J’entrai dans sa forge sans frapper et la chaleur me prit à la gorge, m’oppressa. Je distinguai cependant son ombre qui travaillait et ses gestes sûrs et précis. J’étais toujours impressionnée par ce travail si physique aux antipodes de ce que je pouvais faire. Kímôn manifestait un tel amour de l’art que l’on ne pouvait que l’aimer, lui, pour cela. Les touristes s’étaient dispersés dans les échoppes. Je me trouvais seule. Avec lui. Quand il cessa son œuvre, j’étais encore là, accroupie contre le mur à côté de la porte d’entrée à son opposé dans la pièce.

- Salut, Kímôn, je suis heureuse de te voir. Comment vas-tu ?

Je prenais une voix enjouée un peu forcée et lui annonçai que des touristes allaient bientôt arriver pour lui poser certainement les questions plus agaçantes possibles. Mon observation du jour ne m’avait pas apaisée au contraire. Dans les gerbes de feu, j’avais vu le rejet que m’avait infligé le jeune homme et mon désespoir à m’accrocher à lui alors que visiblement il ne voulait pas de moi. Cependant, mon enthousiasme initial reprit bientôt le dessus et je redevins naturelle pour l’interroger sur ses récentes œuvres. Parfois, je me détestai de me faire moi-même souffrir.
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MessageSujet: Re: « La chaleur du volcan » (Pv Kímôn)   Dim 22 Fév - 2:42

    ]Le temps passait, l’aube était déjà loin. Le dieu n’avait pas l’impression que des heures s’étaient écoulés depuis qu’il avait pénétré dans son repère, son refuge sa forge, l’endroit ou il se sentait le mieux. Comme depuis des siècles, il s’efforçait encore et toujours d’atteindre la perfection dans son travail, la chaleur ne le touchait plus, l’inspiration était toujours la, par moment mélancolique, parfois joyeuse, toujours aussi tortueuse dans son esprit, elle guidait ses mains. Toujours à tenter que rien n’avait changé avec le temps, i n’y avait que lui et son amour de l’art pourtant son enveloppe charnelle changeait tout. La fatigue..et la faim justement. Son ventre venait de lui rappeler qu’il était plus que temps de manger. Qu’il se sentait faible, lui en pauvre mortel, contrait de travailler aux cotés d’autres artisans qui à son plus grand malheur le prenaient tous en pitié. A cette idée la colère monta en lui attisant inconsciemment le feu qu’il fixait depuis de longues minutes. Une goutte de sueur perla sur son front pour parcourir ensuite sa tempe et se perdre sur son tee shirt. Lâchant un instant sa pince et son marteaux, il posa ses mains sur sa hanche pour souffler un instant et aussitôt son esprit eut tout le loisir à s’éparpiller, le ramenant la réalité et à ses difficulté. La chaleur, la fatigue, la faim, la peine. C’était ça être humain… Plongeant sa main dans le tonneau qui contenait de l’eau, il la passa dans ses cheveux pour s’éclaircir les idées alors qu’il fermait doucement les yeux. Ou allait-il comme ça ? Il n’en avait pas la moindre idée, vivre en posant un pied devant l’autre comme seul objectif lui avait paru un plan enviable mais maintenant, il n’était plus certain de rien. Ses yeux émeraude se posèrent à nouveaux sur les braises rougeoyantes qui semblaient s’éteindre en même temps que la mélancolie de Kimon gagnait du terrain. Par tous les dieux, que lui prenait-il ? Il était temps de se ressaisir. Il avait du travail qui l’attendait. On ne fait pas patienter le métal en fusion, sauf si l’on tolère le travail approximatif chaque œuvre devait être parfaite, sans le moindre défaut à moins qu’il ne soit volontaire. Le dieu se plaisait à jouer tantôt avec la technique tantôt avec son imagination. Saisissant à nouveau son marteau et sa pince avec ses mains rudes, il les supposa un instant, avant de les empoigner avec force. Se remettant à frapper le métal, il le rendit à nouveau souple avant de le travailler puis de le plonger à nouveau dans l’eau. Recommençant inlassablement les mêmes gestes, il défia à nouveau le temps, oubliant son existence et tout le reste d’ailleurs. Car une intruse venait de se faufiler dans sa forge. La lame du couteau qu’il était en train de faire venait de prendre vie. Une fois aiguisée, elle serait tranchante et d’une solidité à toute épreuve, il n’y avait aucun doute la dessus ou alors il ne s’appelait pas Héphaïstos. Posant ses outils sur la paillasse en face de lui, il inspecta son travail. Si celui-ci portait un défaut, il se hâterait de le corriger plutôt que de se détourner de sa création. Plissant légèrement les yeux, son regard perçant parcourra la surface de la lame avant qu’il ne fasse glisser la lame entre ses doigts pour tester son équilibre, c’est à cet instant qu’une voix aussi douce que familière monta enfin à ses oreilles. Sous la surprise, l’objet échappa à son créateur et tomba au sol dans un tintement aigu. Gêné d’avoir été surpris, d’avoir montré sa maladresse une fois de plus et d’être en si charmante compagnie, Kimon plaça ses bras le long de son corps, son regard fixa le sol quelques instants pour trouver des mots à dire. Heureusement la suie sur ses joues cacha les rougeurs qui lui montaient alors qu’il levait enfin les yeux vers elle, un discret sourire se forma sur les lèvres tel un enfant timide.

    « Bonjour Aerope… » lâcha t il sans la moindre originalité. Se baissant rapidement pour récupérer son travail, il le posa à coté de ses instruments et essuya nerveusement ses mains sur son tablier.

    « Je ne t’ai pas entendu rentrer, je travaillais. » ajouta t il avec un peu plus d’assurance cette fois ci. Enfin au même instant, il était en train de se rendre compte à quel point sa remarque était inutile, elle avait fait la constatation d’elle-même. Il pouvait au moins répondre à sa question:

    « Bien, bien…Enfin je vais bien. Et toi ? »

    Se fustigeant intérieurement, le dieu était en train de se demander si finalement son ami alcoolique n’avait pas raison. Ses intersections sociales étaient d’une banalité affligeante par sa faute. D’ailleurs il se demandait encore comme la jeune femme pouvait prendre plaisir à lui rendre visite.
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MessageSujet: Re: « La chaleur du volcan » (Pv Kímôn)   Jeu 26 Mar - 0:23

[Désolée pour mon retard et ce post... Médiocre]

    La chaleur montait du feu, projetant les ombres des différents outils de la forge sur les murs, la silhouette forte du jeune homme, la mienne, plus fine et élancée. Je ne bougeais pas mais les flammes la faisaient trembloter. Quant aux gestes de Kimôn, ils étaient assurés, amples. Ils savaient quels mouvements précis ils devaient exécuter. Puis ils parvenaient à la réalisation de l’objet, lisse et parfait. Oui, c’était cela, d’une perfection absolue. J’aurais tellement aimé savoir que faire moi aussi. Savoir comment me comporter dans ma vie, quelles attitudes adopter pour la réussir et trouver enfin ce bonheur qui me faisait défaut. J’étais insatisfaite mais j’étais persuadée que cela était entièrement de ma faute. Sans doute, n’étais-je pas assez bonne artiste pour faire de mon destin une perfection. Une vague peine m’envahit mais cela ne dura pas. Je ne faisais que me complaire sur mon sort et je devais changer.

    J’eus l’impression de le déranger et me sentis honteuse de l’avoir interrompu dans un travail si minutieux. Il avait laissé tomber sa création au sol dans un tintement qui résonna à mes oreilles et n’osa pas lever la tête tout de suite. L’intimidais-je ? Cette idée me parut si ridicule que je laissai échapper un petit sourire. J’avais encore plus peur que lui, je souffrais autant, j’étais loin d’être effrayante puisque j’étais moi-même timide. Enfin, il posa sur moi ses yeux d’un vert si pur que j’en avais toujours le souffle coupé. Son visage était couvert d’une suie noire masquant ses traits que je savais délicats. Le voir ainsi, je crus que rien n’avait changé depuis mon arrivée à Santorin. Je me revoyais venir faire sa connaissance, quand il m’avait vue pour la première fois, quand j’avais senti le poids de son regard sur mon visage. Mais je n’avais pas baissé les yeux, me félicitant que la rougeur de mes joues puisse être attribuée à la chaleur ambiante. J’étais revenue des mois en arrière. Mais depuis nous étions devenus amis. Pas intimes puisque nous ne pouvions ni l’un ni l’autre ouvrir la bouche pour aller beaucoup plus loin que les banalités. J’avais tenté. J’avais été prête à m’engager pour quelque chose de durable mais cela avait raté. Je le comprenais malgré tout. Nous avions une blessure profonde en nous. Quelque chose avait été brisée, irrémédiablement. Comment aller plus loin que de simples banalités ?

    - Bonjour, que réalisez-vous ? Comment fonctionne une forge ?

    Le son de cette voix me fit sursauter alors que j’étais plongée dans mes rêveries et dans le passé. Il fallait que je cesse de revivre ce passé, les bons souvenirs comme les mauvais, sinon je ne pourrais vivre le présent et en profiter. J’examinai le nouveau venu ravie de cette distraction qui me permettait de quitter un instant Kimôn du regard. La rougeur de mes joues se calma. Un vieux monsieur à la moustache grise venait de pénétrer dans la forge d’un air suspicieux. Il devint plus aimable quand il me reconnut. Pendant qu’il discutait avec le maître de la forge, je m’éloignais imperceptiblement pour admirer les dernières œuvres de l’artiste. Les formes étaient splendides, la réalisation délicate. Rien que cela valait la peine de me déplacer jusqu’ici. Pendant que le touriste sortait un porte feuille pour payer un souvenir de sa visite ici, je me rapprochai un petit peu du jeune homme et répondis enfin à sa question, certes banale, mais répondant à la banalité de ma propre interrogation.

    - Tout va bien en ce moment, je ne t’apporte rien de nouveau, ma vie n’est guère trépidante, tu le sais.

    Il savait que j’allais répondre ceci. Et je savais qu’il le savait. Cette pantomime m’arracha un sourire désabusé. Finalement, nous nous connaissions très bien. Nous jetant un regard désintéressé, le touriste finit par quitter la forge et nous nous trouvâmes face à face à quelques dizaines de centimètres, seuls. Je m’éclaircis la gorge, prête à engager la conversation mais le son ne sortit pas de ma gorge. J’étais troublée. C’était bien la première fois que le fait de me rendre à la forge ne m’apaisait pas et au contraire me faisait encore plus hésiter. Nous étions si semblables que j’aurais du trouver les mots, trouver les paroles que nous aurions tout deux compris sans hésiter, que nous aurions tout deux ressenti. J’aurais du savoir comment l’apprivoiser, Kimôn, comment vaincre sa timidité farouche. Mais les mots ne me venaient pas, seuls les affligeantes banalités me revenaient en tête, comme lorsque l’on veut combler les conversations vides. J’avais tant de choses à lui dire, à lui exprimer mais les paroles me manquaient. Je restai muette.

    Une idée me frappa, fit vaciller mes convictions. Peut-être ne voulait-il pas de moi, préférait-il rester seul dans sa forge, seul avec son art. Peut-être avait-il une autre personne dans sa vie, quelqu’un qui le comprenait, non ? Pourtant, alors que je n’étais pas particulièrement obstinée, je ne pouvais le quitter ainsi. Je m’accrochais à lui comme s’il était un repère, comme s’il était indispensable à mon épanouissement personnel. Peut-être était-ce le cas, après tout j’étais quelqu’un de très intuitif.

    - Cela fait longtemps que je ne t’ai pas vu dans Santorin. Que dis-tu de venir boire un verre avec moi, l’un de ces jours ? Cela pourrait être sympa de pouvoir discuter sans être sans cesse interrompus par un touriste ?

    Je savais qu’il allait refuser. Il ne pouvait que refuser de toute manière. Toutes mes tentatives étaient toujours vouées à l’échec. Pourquoi est-ce que je lui demandais, alors ? Tout ça pour lui faire chercher une excuse stupide, tout ça pour que je souffre encore une fois. J’étais masochiste sans doute. Avec précipitation, je m’exclamais pour faciliter sa recherche d’excuse valable, une excuse que je pourrais peut-être croire.

    - Tu sais, je comprendrais si tu refusais, tu dois avoir du travail...

    Mais malgré moi, ma voix était devenue plus suppliante. L’espoir transparaissait sur mes traits. Fébrile, j’attendis son refus.
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